Quand on parle de patrimoine, beaucoup pensent aux vieilles ruines, aux tableaux noircis, aux bijoux (volés) de la couronne, ou aux poussières grises déposées sur les parchemins des moines. Rien de très moderne, rien de très à la mode, rien de très dynamique. Des vieilleries, au fond !
Pourtant, à Saint Genis des fontaines, notre patrimoine raconte tout autre chose.
À partir de 1976, un groupe de Saint Genisien(ne)s passionnés par la petite église abbatiale découvrit qu’elle fut, sous Charlemagne, la première abbaye du Roussillon, et que ses moines furent à l’origine du défrichage des marais stagnants au pied des Albères, dans un lieu parsemé de sources appelé Las Fontanas.
Peu à peu, l’intérêt grandit :
- le linteau fut reconnu comme le premier bas-relief roman d’Europe ;
- le cloître, démonté puis dispersé après la Révolution jusqu’au Louvre et aux États unis d’Amérique, fut retrouvé, rapatrié et reconstruit pierre par pierre ;
- les clochers retrouvèrent leurs couleurs d’origine.
Les touristes commencèrent alors à rechercher Saint Genis des fontaines pour voir de près ces vestiges.
En 2006, l’essentiel avait été accompli : la notoriété du village s’affirmait, et une dernière étape suffisait pour en faire une destination incontournable des Albères et du Roussillon. La rénovation des bâtiments entourant l’abbatiale, l’aménagement d’un espace accueillant autour du bassin des moines et une communication renforcée auraient consolidé cette attractivité.
Mais l’élan s’est interrompu. Depuis une vingtaine d’années, le village a cessé de cultiver son charme, et une certaine tristesse s’est installée là où l’enthousiasme renaissait.
Il est temps de reprendre ce fil.
Un patrimoine qui doit redevenir un moteur économique et identitaire
Le patrimoine communal est bien plus qu’un héritage : c’est un levier économique, culturel et identitaire. Notre liste s’inscrit dans une dynamique de valorisation, avec une vision réaliste : agir avec ambition, mais dans un cadre budgétaire maîtrisé.
Les temps qui viennent s’annoncent difficiles, et c’est précisément pour cela que la rigueur financière doit guider nos choix. Il ne s’agit pas de lancer de grands chantiers coûteux, mais d’adopter une stratégie intelligente : embellir et valoriser notre patrimoine chaque fois que des travaux de voirie, de bâtiments ou d’aménagements seront nécessaires.
Chaque intervention obligatoire devient ainsi l’occasion d’améliorer notre cadre de vie.
Une stratégie structurée, responsable et accessible
Pour renforcer cette dynamique, nous envisageons la création d’une fondation communale du patrimoine, chargée de rechercher subventions, mécénats et partenariats. L’objectif est simple : financer au maximum les projets sans alourdir le budget communal, tout en mobilisant les habitants et les entreprises locales autour d’une ambition partagée.
Dans cette logique, chaque projet urbain — voirie, aménagement paysager, réhabilitation — sera conçu pour respecter et magnifier l’environnement de l’abbaye, cœur historique et emblème de la commune.
Le centre historique doit redevenir un lieu de vie et de flânerie. En encourageant la restauration des façades, la mise en valeur des espaces publics et l’implantation d’activités artisanales ou culturelles, nous pourrons créer un parcours patrimonial vivant, propice à la promenade, à la découverte et à la convivialité.
Chaque étape sera validée par une analyse coût-bénéfice afin de garantir la pertinence des investissements.
Notre démarche repose sur une conviction forte : même avec des moyens comptés, on peut transformer en profondeur l’image d’une commune si chaque action est pensée, cohérente et tournée vers l’avenir. Le patrimoine n’est pas un héritage figé : c’est un potentiel que nous devons révéler, en harmonie avec nos capacités financières et avec l’exigence que les habitants sont en droit d’attendre.
Laurent Counord
Avec la liste, Saint Genis Des Fontaines, avec vous, pour vous.