Alors que le gouvernement prévoit 40 milliards d’euros d’économies en 2025 pour tenter de redresser des finances publiques fragilisées, les communes s’apprêtent à encaisser le contrecoup. Depuis la crise du Covid, les aides exceptionnelles ont progressivement été réduites, et les subventions de l’État suivent la même pente descendante. Dans ce contexte, les collectivités locales sont appelées à faire des choix difficiles.
Pourtant, une étude récente révèle que seules 12 % des communes françaises ont véritablement pris en compte cet enjeu dans leurs décisions budgétaires, en ralentissant ou en suspendant les projets jugés non prioritaires. Pour la grande majorité, l’élan de dépense post-crise s’est poursuivi, parfois au détriment de l’intérêt général.
L’exemple de Saint-Génis-des-Fontaines est emblématique. Une commune lancée dans une série de projets titanesques, difficilement justifiables au regard de la situation économique actuelle et des besoins concrets de ses habitants. Malgré les alertes budgétaires, les investissements semblent guidés davantage par une logique de prestige que de priorité. Un choix qui pourrait rapidement se retourner contre nous, notamment si les dotations baissent encore ou si l’inflation pèse plus lourd sur les coûts.
Dans ce contexte, il devient urgent de recentrer l’action municipale sur les besoins essentiels : entretien des écoles, voirie, services à la population. Il s’agit aussi de renoncer aux projets dispendieux ou mal partagés, qui ne concernent qu’une minorité d’usagers, même si le mal a déjà été fait. La sobriété budgétaire, bien qu’imposée par les circonstances, pourrait devenir un levier de bon sens et d’équité.
Il faudra sans doute « serrer les dents » dans les années à venir, mais cette rigueur forcée peut aussi devenir une opportunité de réinventer une gouvernance locale plus responsable, plus partagée et mieux ancrée dans la réalité quotidienne des habitants.
La rédaction