ARLETTE – POUPEES

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– Vous avez dit : Arlette FEVRIER – MUZARD ? Je n’ai pas le plaisir de connaître.
– Mais si, vous la connaissez ! Qui ne connait pas Arlette…La Curieuse ? Le MAG’ de Saint
Génis-des-Fontaine lui a récemment consacré une page entière. Dites-moi que vous ne
connaissiez pas l’étendue de ses talents, mais pas que vous ignoriez que c’est Notre Artiste !
un des porte-drapeaux de la Culture sur la Côte Vermeille !

– Mais oui, bien sûr ! La poétesse, toujours rayonnante ! Quelle santé ! Et alors, que lui est-il
arrivé ?
– Oh, rien de grave ! Fâcheux tout au plus. Soyez rassuré. Son tonus et sa pétulance sont
toujours intacts, mais elle ne comprend pas certaines … choses.
– Expliquez-moi. De quoi s’agit-il ?
– Promettez-moi de ne pas éventer ce que je vais vous confier. Vous êtes un ami sûr…et sur ce
sujet, il faudra, en plus vous montrer…discret et mystérieux. J’ai votre parole ?
– Vous l’avez !
– Parlons bas ; comme si nous étions dans le fond d’une cave, à trente pieds sous terre et
croyant presque nous taire ! Voilà :
J’ai évoqué tout à l’heure le MAG’. Vous y avez lu comme moi que la municipalité a reçu d’Arlette
un lot de 477 magnifiques poupées de collections. Un trésor ! Un bijou ! Ce sont les mots du
MAG’ pour qualifier ce don.
Et un peu plus loin on pouvait lire que ce trésor : « … sera présenté dans le cadre d’une exposition
à la Galerie des Deux-Clochers, en septembre prochain. ». Cela date du premier semestre 2023.
– Je me suis rendu à cette exposition mais je n’ai pas le souvenir d’une pareille collection.
– C’est là que le bât blesse !
– Madame Fevrier-Muzard en a-t-elle pris ombrage ?
– Nous dirons…qu’elle s’interroge. Qu’est-ce qui a bien pu motiver ce manquement ?
Pourquoi lui avoir donné – gratuitement – des espérances ? Comment expliquer le silence
qui, depuis, entoure cette absence, cet…écart ?
– En effet, venant d’une assemblée réputée souveraine, on peut y voir entorse,
transgression,… limite contrevenance aux bons usages, et si l’on est tatillon, cela frise
l’outrage. Madame le Maire est-elle au courant ? Suis-je bête ?… Rien ne se fait sans son
aval !
– Le point qui taraude notre chère Arlette, semble résider dans le document d’Acceptation
de ce don. Il y est stipulé, avec toute la froideur et la sécheresse du langage administratif
que : « ce don n’est grevé d’aucune condition ni d’aucune charge, de sorte que son
acceptation relève des délégations du Maire … ». Voyez-vous dans cette formulation un
point d’achoppement ? Un grain de sable ?
– Je crois comprendre les inquiétudes de la pauvre bienfaitrice. Elles pourraient
effectivement être fondées. Permettez que je vérifie le sens d’un terme.
– Le problème, c’est le fossé qui sépare ces deux personnes. Arlette…c’est une artiste, un
personnage candide, désintéressé, généreux,…bref, une belle personne. Quand elle
offre, bien sûr que c’est sans condition ! Elle n’est pas du genre à faire des cadeaux
empoisonnés ! C’est sans arrière-pensée, sans espoir de retour ! Et dans son ingénuité
elle a « gobé » des promesses…Elle ne demandait rien ! Mais connaissez-vous un seul

élu, capable de ne pas formuler de promesses ? La pauvrette est tombée dans le
panneau ! Tout ça, c’est du vent !
– Vous avez dit : Acceptation qui relève « des délégations du Maire …». Délégation…
voyons ce que nous propose le Petit Larousse. Synonymes : ambassade, commission,
mission. C’est vague, limite ténébreux. Le brouillard peut cacher aussi bien la simplicité
que la complexité. Ce flou est-il volontaire ? Je ne dis pas malhonnête, mais laisse-t-il le
champ libre à des manœuvres … disons « obliques » ? Qu’en pensez-vous cher ami ?
– Je partage votre avis et vos craintes. Arlette c’est une abeille, infatigable, hyperactive,
pluridisciplinaire et autodidacte pour couronner le tout ! Elle ne se nourrit que du nectar
de la beauté ; et en prime elle nous offre son miel ! Peut-être notre édile n’a-t-elle vu en
notre chère Arlette qu’une plangonophile, une exaltée, une concitoyenne qui souhaite
se débarrasser de vieilleries, de nids à poussières ! Non ! j’exagère ; je me laisse
emporter. Mais je compatis. Et puis, cette exposition, on nous l’a volée ! Nous étions
nombreux à l’attendre ; moi, le premier je me réjouissais de plonger dans mon enfance
où l’on ne pouvait que toucher des yeux ces splendides poupées en porcelaine dont nos
aïeules ornaient amoureusement leur lit ! Oui…je donne dans la nostalgie à la
naphtaline ! mais pour beaucoup, comme nous, cette collection, c’est davantage notre
patrimoine que le Palais de Versailles ou le château de Chambord !
– Effectivement, vous vous emportez cher ami ! Je croyais que vous souhaitiez que nous
murmurions ! Après cette envolée de décibels, tout le quartier est au courant !
– Que diable ! Chacun est en droit de savoir qu’il a été floué !… et qu’Arlette est bien
bonne de ne pas s’insurger.
– Je vous sens prêt à vouloir changer « le système » ! Hélas ! c’est ainsi que tournent les
engrenages de notre pauvre planète et bien naïf qui croit aux promesses d’un élu ! N’est-
ce pas l’un d’eux qui, à juste titre, nous faisait remarquer que les promesses n’engagent
que ceux qui les croient ? Celui qui les avance, vous dira qu’à l’impossible il ne peut être
tenu ! Il arguera que ces assurances ont été dites de bonne foi, mais en des temps alors
favorables ; depuis la situation a évolué et ce n’est plus possible. Ce qui était vrai hier est
aujourd’hui caduc. Voulez-vous mon avis ?
– Volontiers !
– Eh bien ! au lieu de parler bas, prenons un clairon ! Sonnons, alertons…et lorsque la
rumeur atteindra la noble assemblée communale, les responsables de ce « dérapage »
auront à cœur : 1/ de trouver un alibi pour expliquer cette maladresse, cet acte –disons-
inapproprié ; 2/ de trouver une occasion, une date, et une salle pour rétablir l’ordre. Et
tout le monde sera satisfait.
– Votre avis est sage ! Précédez-nous tambours ! Sonnez trompettes ! Allez ! …au travail !

Voilà en substance ce que l’on entendait de l’entretien entre de deux vénérables St Génisiens, en
ce début d’année 2024. Cela se passait un jour de marché, Place Jean Rolland. Lorsque le ton
monta, les oreilles se tendirent. Ce que disaient ces deux compères, fort appréciés dans ce
secteur, ne semblait pas anodin. Tous avaient bien saisi qu’il s’agissait d’une indélicatesse. Mais
que tramaient ces deux paroissiens ? Une conspiration ? Un piège…un complot ?
Peut-être la suite au prochain numéro du MAG’…

 

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