Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.

Restriction d'eau, la commune de Saint Genis rejoint celle de Villeneuve de la Raho sur le podium des mauvais élèves.

Texte envoyé par Laurent COUNORD

Dans l’article de ce blog : En direct de la préfecture… PRÉSERVATION DE LA RESSOURCE EN EAU, nous pouvons lire que le « comité sécheresse » s’est réuni le 25 mars pour faire le point sur la situation désespérée que connaît notre département depuis deux ans.

Alors que le journal « Indépendant » titrait l’un de ses articles à la conclusion tout aussi alarmante : « Quel paysage en 2050 ? Un désert est en train de naître au beau milieu des Pyrénées-Orientales« , le samedi 16 mars, se réunissaient sur la commune de Villeneuve de la Raho, plus de 4 000 manifestants souhaitant dénoncer le projet de golf piloté par la Maire, Madame Irles. Un aménagement qui fait couler beaucoup d’encre depuis 20 ans en créant aujourd’hui de nombreux désaccords sur l’ensemble de notre département. Les exemples de gestion égocentrique, refusant la priorité au bien commun, sont malheureusement nombreux et notre commune ne déroge pas à la règle.

À Saint Genis des fontaines nous n’avons pas de projet de golf, mais celui de complexe tennistique en terre battue couvert ! Car c’est bien connu, il pleut énormément sur notre département !
Déjà en soi, je trouve qu’un projet dont les travaux débutent en arrachant une poignée de pins qui n’avaient rien demandé, représente une bien curieuse politique de protection de l’environnement, fer de lance de notre maire lors des dernières élections.
Le sujet devient plus grave lorsque l’on prend conscience de la consommation en eau qu’un tel édifice va nécessiter, même si l’on vous rétorque que ce n’est pas vraiment de la terre battue… que ça à moins besoin d’eau. Ces terrains de tennis sont ils consommateurs d’eau pour leur entretien, oui ou non ? La réponse est oui. Alors que d’autres conceptions n’en nécessitaient absolument pas. Là est tout le problème, mis à part celui du fait que nous allons avoir une structure gigantesque, démesurée, pour un tout petit club qui ne pourra absolument pas subvenir à son entretien. Prétendre le contraire est un mensonge. Nous pouvons avancer tous les arguments économiques ou touristiques sur tous les projets que vous voulez, rien ne pourra minimiser l’ineptie d’une telle gabegie environnementale.

À la question que l’on me pose régulièrement : pour quelle raison n’ont ils pas fait voter la population sur ce projet ? La réponse est simple. Ils savaient qu’il aurait été refusé. Une belle preuve de démocratie pour projet démesuré, à contre-courant des actions écologiques.

Certains s’étonnent de la montée des extrêmes, de l’abandon des urnes et du désintérêt grandissant de la politique chez nos jeunes. Je ne suis plus surpris, quand chaque jour apporte son lot d’actions ou de projets irréfléchis, façonnant l’avenir de nos communes sans vision à long terme, menés par des hommes et des femmes se prenant pour des seigneurs, trônant sur leur « fief » en considérant la population comme redevable.

Si vous prêtez attention, vous entendrez sûrement résonner le refrain : « Ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à quitter le village« , une tirade tonitruante de détracteurs Poujadistes n’ayant rien d’autre à offrir qu’une vision étroite de ce qu’ils estiment être le mieux pour nous.

La tentation serait de balayer tout cela d’un haussement d’épaule en disant qu’il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, si ce n’était pas, la fuite de nos professions médicales, le manque de locaux de nos infirmières, l’espace manquant de notre pharmacie, la dangerosité de nos rues ou encore la sécurité d’une école qui ne dit plus son âge et que l’on rafistolera avec un joli goudron et une belle peinture parce que ce n’est pas prioritaire. Quand il fera 40 °C dans les classes, cet été, l’équipe municipale en place offrira à vos bambins de beaux ventilateurs tous neufs, du fond de leur bureau climatisé, de leur mairie à 3 000 000 €.

Auront-ils encore l’audace de communiquer avec de belles phrases et de beaux articles sur les comportements civiques à adopter, sur l’importance de modifier nos habitudes dans un combat qui ne fait que débuter ? N’est-ce pas hypocrite ou contraire à l’intégrité si des individus, de surcroît élus du peuple, prêchent des valeurs ou des comportements qu’ils ne pratiquent pas eux-mêmes ? Comment peuvent-ils espérer ensuite gagner la confiance de leurs électeurs ?

Le plus grand des enjeux se joue actuellement, pour nous et les générations futures. Oui, il est urgent de modifier nos habitudes. Tout le monde le comprend et prend désormais la hauteur des conseils et recommandations faits par nos scientifiques depuis des années. Tous sauf peut-être nos élus.

Laurent COUNORD

3 Thoughts to “Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais.”

  1. roselaine

    après lecture du dernier conseil municipal en ligne ( janvier 2024) j’ai été très désagréablement surprise de la tournure que prend notre démocratie locale

  2. regis

    et dans le même propos, les remplisseurs de piscines et leurs « fonctions  » de conseilleurs nous renvoient au DEVOIR D’EXEMPLARITE ; qui a du plomb dans l’aile !

  3. JL. A

    Je ne l’aurais pas dis mieux. Bravo. Le problème avec les maires de communes sans faire de généralité est qu’ils se sentent intouchable. Ils font ce qu’ils veulent quand ils veulent prouvant tous les jours leur incompétence. La soif du pouvoir conduit ensuite à la mégalomanie, au despotisme et à l’éloignement des électeurs. Visiblement madame le maire a pris de l’avance.
    Comment peut on joindre Laurent counord ? En MP ?

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